vendredi 5 mai 2017

Les trois grâces de Salou

Le GPS nous fait une surprise : nous décidons d’aller à Salou, visite rituelle de Décathlon, où je m’habille au rayon « yacht », (enfin : bateau), de chaussures adaptées et d’une tenue de marin catalan. Et de son voisin d’en face le Wine Palace, incontournable pour se procurer une sangria indispensable aux apéritifs de fin d’après-midi. Je tombe sur un secteur dédié à l’Eixaders, avec une obligation morale impérieuse de visiter les environs de Lleida et la cave de Vallbona de los Monges, ce sera pour une autre fois. Il n’y a presque personne, ça roule facile sur le front de mer, et nous traversons la ville, en faisant les vitrines, à 30 Km/H. Reposant et distrayant. Nous décidons de rentrer, et je demande la route au GPS. Toujours docile, il nous envoie vers la voie de chemin de fer, nous traversons, pas de passage à niveau le risque est total mais nous aimons le risque, et je tombe par hasard (non, le GPS nous y conduit) sur la Torre Vella.












Monument emblématique de la ville,  cette tour a été construite en 1530 par ordre de l'archevêque de Tarragone Pere de Cardona comme tour de guet pour protéger la ville contre les pirates. À l'heure actuelle, elle  est devenue un  centre culturel où sont exposés des exemples intéressants d'art en continu de toutes les techniques et les styles. (je traduis mot à mot). Elle accueille également le Muséu de l’Esmalt contemporani (dans le texte), entouré d'oliviers centenaires. Malheureusement pour nous, il n’ouvre qu’entre 18 et 21 heures, donc les grandes barrières sont fermées à clé, et j’hésite à sauter la haie, vieille retenue d’une éducation judéo-chrétienne, on ne se refait pas !





Dehors, dans le jardin,  on les voit de loin, les trois Grâces ! Pensez : 2,5 m de haut ! Trois jeunes femmes (de bronze) dans le plus simple appareil dansent en levant les mains, une attitude peu habituelle aux trois Grâces : je vous sors de mes archives quelques extraits, avec bien entendu Canova et  Boticelli, vous voyez qu’elles posent d’habitude, un peu figées, alors que là elles dansent… la sardane, le sourire aux lèvres.




Paul Gustav Fischer




J’ai beau faire le tour du jardin, impossible de trouver une vue de face, le musée s’interpose. Voici quelques photos prises de loin, mieux vaut cela que rien du tout, non ?

J’adore les coiffures, la queue de cheval lovée en une grande tresse animée par la rotation de la tête, et les sages chignons des deux autres. L’anatomie est parfaite comme les fossettes au-dessus des reins. 

En langue d’origine, les tres mujeres bailando la Sardana. Se llama “La Dansa de les Gràcies”. Es obra del artista Artur Aldomà Puig y conmemora la proclamación de Salou como "Ciutat Pubilla de la Sardana", la dansa nacional de Cataluña, el año 1990.

oui, la voie de chemin de fer est juste derrière !

la même queue de cheval tressée que la Bugadera












J’espère que ce nom vous dit quelque chose ?

Artur Aldomà Puig (1935, Reus) est dessinateur, illustrateur, peintre et sculpteur. Il a commencé sa carrière de dessin animé et au cours des années 50 et 60 a publié son travail presque exclusivement à l'étranger, en collaboration avec des écrivains comme Víctor Mora et Jean-Michel Charlier.  A partir de 1975 il se consacre à la sculpture. Je vous ai montré à Reus ses réalisations notamment les  Bugaderes.

Il arrive dans la vie que l’on change d’avis :

j’aime sa manière de présenter


l’art contemporain !

PS : MECS (Museo del Esmalte Contemporáneo de Salou)
       Torre Vella. Salou 

       Les Bugaderes : 


vous vous posez la même question :
elles sont posées sur deux espèces de tôles ?


la preuve : il faut revenir à l'heure !


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