mercredi 5 avril 2017

Rodin à Pau


Pau : découverte d'un plâtre exceptionnel d'Auguste Rodin

Un grand plâtre d'Auguste Rodin (1840-1917), "un chef-d'oeuvre" qui vient d'être classé Trésor national par le ministère de la Culture, vient d’être exposé pour la première fois au public à Pau samedi 1er avril, a annoncé lundi l'étude Gestas & Carrère, qui l'a exhumé d'un garde-meuble de la Côte Basque. Le plâtre, qui date du milieu des années 1880, est la première version connue de la sculpture "Je suis belle", inspiré par le poème de Charles Baudelaire, "La Beauté", tiré du recueil "Les Fleurs du mal" :

« Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre

Et mon sein, où chacun s’est meurtri tour à tour,

Est fait pour inspirer au poète un amour

Éternel et muet ainsi que la matière »

Ces vers donnent au groupe le titre sous lequel il est aujourd’hui connu : Je suis Belle (avant 1886). Ils renvoient autant à la passion pour Camille Claudel qu’éprouve alors Rodin, qu’à l’ambition manifestée par sa sculpture de parvenir à l’incarnation de l’âme et de ses passions.


Un homme nu porte, tous muscles dehors, l'échine cambrée, à la limite de la rupture, une jeune femme dans une étonnante position accroupie. Cette grande pièce de 72 cm dégage instantanément une impression de puissance. La signature "A Rodin" est incisée dans la terrasse, décrit l'étude dans un communiqué. Ce groupe est constitué de deux autres sculptures assemblées, "L'Homme qui tombe" et "La Femme accroupie". Il est apparu d'abord au sommet du piédroit de droite de "La Porte de l'Enfer", la grande oeuvre de Rodin, dont il faudra que je vous parle un de ces jours !


Au fond d'un carton ! Les commissaires-priseurs avaient pour la première fois découvert en 2013 ce plâtre - qui fut identifié mais non expertisé - lors d'un inventaire dans une maison de retraite médicalisée du Pays Basque. Et ils ont eu la surprise de retrouver l'oeuvre toujours au fond d'un carton, dans un garde-meuble à Biarritz en avril 2016, après le décès de sa propriétaire, qui le tenait de sa grand-tante. "Ce qui a pris beaucoup de temps, ce sont toutes les étapes de l'expertise. Au Musée Rodin, on s'est rendu compte que cette pièce était très importante, qu'elle était antérieure à tout", a expliqué à l'AFP Patrice Carrère. "C'est exceptionnel, c'est un rêve. On voit beaucoup plus que dans un bronze. On voit vraiment l'acte créateur. On a l'impression de sentir le souffle de Rodin. Il y a des traces de ses doigts", a-t-il souligné.

deux sculptures associées : l'homme, tel Atlas, soulève la femme accroupie

du coup voici la femme accroupie

attitude semblable dans "de profundis clamavi"


"Je suis belle" a été classé Trésor national le 26 janvier par le ministère de la Culture et est à ce titre interdite de sortie du territoire pour une durée de 30 mois, précise le ministère. L'étude Gestas & Carrère n'en est pas à sa première découverte de trésor caché : en décembre 2016, elle avait vendu un dessin du XVIe siècle de l'artiste italien Andrea del Sarto (1486-1530) pour près de 4 millions d'euros.


décidément, la ville de Pau nous en réserve 

des surprises !



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