samedi 15 avril 2017

Gran pavon


La saison des papillons est bien partie, à chaque jour son anecdote : ce matin par exemple, réveil aux aurores, le Centre Technique Municipal (j'ai mis trois majuscules méritées) m'appelle, pour une réunion de chantier imprévue : il s'agit de ménager des trouées dans la vue Ouest sur les Pyrénées, vue envahie par trente ans de pousses incontrôlées des broussailles diverses dont acacias laissés sans surveillance, formant un maquis épais.

Difficile d'obtenir d'enlever les arbres pour former des trouées, un respect tardif pour des bois de bien mauvaise qualité quand ailleurs des municipalités (sans majuscule) abattent sans vergogne platanes centenaires ; ifs et autres chênes...

...ce n'est pas le sujet.

Voila-t-il pas qu'au détour de la conversation, l'Ingénieur en Chef (deux majuscules) me sachant un peu fêlé, me lance une perche pour vérifier si je vais mordre : -"ce matin on m'a signalé un papillon grand comme ça (il joint les deux mains bien écartées) sur le pneu du tracteur-tondeur s'apprêtant à partir au travail". 

Vous avez écouté les Chevaliers du Fiel (deux majuscules), il faut relativiser le terme "partir au travail". Je m'écrie -"ne les laisse pas partir" ! Miracle du téléphone, il donne l'ordre instantané -"ne bougez pas, le spécialiste va déterminer le papillon".

Nous arrivons dare-dare, deux véhicules en ville avec warnings clignotants et sirène d'alerte. Le papillon est là, immobile, sur le pneu, bloquant le véhicule, un gros tracteur orange vif avec de gros pneus à gros crans. C'est un grand paon de nuit, gran pavon comme disent nos amis catalans, Saturnia pyri pour les latinistes.

J'ai emmené mon filet.  Attroupement pour voir l'élu opérer, sourires entendus du genre -"on va te faire une réputation de ouf...! ". Je prends le papillon en mains, aucune antenne visible, j'explique pour me faire mousser que c'est une femelle, qu'elle a attiré les mâles cette nuit, et que je vais la faire pondre.

Retour à la maison, je pose la femelle sur le tronc du cèdre.

Elle parait un peu sonnée, aucune énergie, elle semble épuisée, mais dernier sursaut, elle sort ses antennes de-je-ne-sais-où elles étaient cachées dans le duvet entourant la tête.

...les antennes en forme de rateau typiques !

il ne risque pas de pondre !




il a du forniquer toute la nuit, il est manifestement crevé

post coïtum triste

c'est un mec !





un peu plus tard at home, nous lions connaissance...

...ému par tant d'empathie, il se met à trembler, il a senti une meuf...
...quelque part ?

il s'envole...!

Je lui souhaite une nuit agitée !


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