vendredi 23 septembre 2016

Patrimoine (6) marbre

René B. veille la nuit, et fou de marbre, découvre (une nuit) un site nouveau, consacré au marbre sous toutes les latitudes. Des photos noir et blanc, émouvantes car témoignages d'une période révolue, celle qui précédait le béton, où le matériau courant était le marbre.

On y trouve, par exemple, ces vues de notre carrière voisine de Saint-Béat :



on comprend mieux qu'avec des tours (à marbre) il soit plus facile d'imiter les Grecs :


Mais surtout, voici des personnages fameux, et je commence par Augustus Saint-Gaudens, il est en représentation en haut de forme, au milieu de ses copains américains :

le 6è à partir de la droite, à Chicago, création de l'Association des Artistes Américains (AAA)

Henri Bouchard

Henri Godet

Albert Bartholome
Eric Gill



la sculpture suscite tellement d'émotions !

Patrimoine (5) : le Bunker d'anonyme

Il s'agirait de landart. Je propose du beach art : l'artiste est inconnu, il aurait pu se faire nommer Nemo, comme le capitaine du sous-marin de Jules Verne. Il préfère anonyme.

C'est un artiste dans le sens le plus pur du terme, puisqu'il crée l'émotion chez le spectateur. Il a décidé de transformer un bunker sur la plage de Dunkerque, immeuble de mort s'il en est, en lui collant dessus un a un des miroirs si bien appareillés, que l'on dirait du Gaudi moderne.







Personne nuit après nuit ne s'est aperçu de rien, pourtant nous sommes sur une plage proche d'une grande ville. Et le bunker s'est peu à peu transformé en pépite lumineuse, que l'on croirait tirée du royaume de Superman, (qui habite comme vous savez un royaume de cristal glacé quasiment aussi lumineux).



Ainsi, l'homme héberge toujours au plus profond de lui un démon symbole du mal. La civilisation lui apprend à contenir le démon, et à le garder soigneusement enfoui dans le tréfonds de son moi profond. Mais des fois, il ressort à la surface non seulement à l'échelle de l'individu, et aussi d'une Nation. Il en ressort des horreurs comme le génocide, et le terrorisme.

Notre anonyme sublime tout cela en parant l'horreur d'écailles de lumière. Le bien envahit le mal et l'étouffe sous une enveloppe de miroirs tranchants, le transcendant en pure lumière. Jamais l'art n'est aussi religieux que celui d'anonyme.

J'ai tenté de me fendre d'une appréciation élogieuse, 

bien en-dessous de l'émotion ressentie.



Vous devez témoigner de la fraternité à Anonyme : 

voilà un artiste inspiré !

mercredi 21 septembre 2016

Patrimoine (4) da Vinci code (10)

L'enquête aboutit de manière décisive, les morceaux un à un se recollent, la reconstitution s'achève !

il n'y aura pas d'épisode n°11...avant longtemps !

Je ne vous dis pas où. Je ne vous dis pas quand. L'essentiel est que le tout soit préservé, le socle, et la statue qui les domine, en majesté.

Voilà de nouvelles vues. En place, et dans la cachette, soigneusement à l'abri des regards, dans une remise.

Maintenant, il faut réparer le doigt et le pied cassé de l'enfant Jésus. Il faut remonter colonnes et chapiteaux. Tout remettre en place, dans un lieu protégé et consacré.

C'est pour bientôt je crois ?



Le temps passe, 

le patrimoine reste, 

cette vierge de terra cotta 

est bien souriante !



je demande une suspension du temps

avant de vous présenter la restauration

en place !


voici la Mater Dei du catalogue Giscard de 1914

ce n'est pas tout à fait cela...alors...Virebent ?
à Arbon, la Vierge est lumineuse, 
elle exauce tous les souhaits...
...pour autant qu'ils soient honorables !





la jolie Vierge de Fos
écrase le serpent
et exauce les mêmes grâces
que la Vierge rue du Bac à Paris
de Catherine Labouré



Rendez-vous pour les journées du Patrimoine...

...en 2017 ?

Patrimoine (3) da Vinci Code (9)

Je sais que c'est compliqué : la vie est compliquée. Le plus simple est que je vous montre un original, puis un moulage, vous allez bien observer la différence ?

Voici l'original, en place. Il vaut, on le sait grâce à la jurisprudence de son copain, 90.000 Euros. Cela mérite que je me sois rendu sur place pour le photographier spécialement !







Je ne saurais vous dire, je n'en suis qu'à l'épisode 9, je vais finir par savoir : sont-ce des cygnes ou bien des aigles ? Leurs pattes n'étant pas palmées, vous avez la réponse !

Ce qui m'intéresse (pour l'instant) c'est de vous montrer la palette de l'épisode 8 :



vous avez le moulage de la photo n° 1

Comme je n'ai pu photographier ni les faces latérales, ni l'arrière, vous ne verrez rien d'autre aujourd'hui, mais voici encore :



C'est qui ces personnages ?

Je viens de photographier tous les chapiteaux du cloitre en place, il n'y a rien de tel !

où donc est l'original ?


à 90.000 l'exemplaire, 

ça vaut le coup de continuer de chercher, 

...non ?


à Bayonne : le sculpteur

c'est presque terminé ?

pas tout à fait !

mardi 20 septembre 2016

Patrimoine (2) Da Vinci Code (8)

voilà le vrai
Je viens de vous parler de Patrimoine : n'est-ce pas l'occasion de faire le point de la suite...

                 ....da Vinci Code à St-Gau ? 

Numéro 2 de Patrimoine, mais numéro 8 de Da Vinci Code !

                     Vrai, faux ?

Original ? moulage ? reproduction ? copie ? réplique ?

Eternelle question en Art : qui est le Créateur : Rodin ? ou ses élèves, mettant en forme l’esquisse (géniale) du Maître : Rodin ou Camille Claudel ? Rodin ou le fondeur (génial) mettant en œuvre le plâtre d’origine, transformé en cire perdue, pour devenir fonte, un exemplaire d’abord, six originaux ensuite, les autres étant des tirages identiques. « Tirage », encore un mot de plus.

En édition papier, l’original est un princeps. Ensuite on tire des exemplaires, plus ou moins numérotés, sur du papier plus ou moins de qualité. Dans tous les cas, une dédicace de la main de l’Auteur va mieux que tout distinguer l’exemplaire précieux, surtout si la dédicace (illustre) s’adresse à un lecteur aussi, voire plus illustre encore.

Mes Jouets Citroën sont des répliques des originaux, tirés eux-mêmes à plusieurs dizaines d’exemplaires. Utilisant les mêmes outils de découpe et de presse des tôles embouties, ce sont les mêmes sauf  à être neufs car plus récents. Quand je crée un prototype, c’est bien un véritable original puisqu’en un seul exemplaire, jamais créé. Ce n’est pas une réplique puisque je crée un nouveau modèle. Mais il s’inspire d’un original ancien. Il est lui-même la maquette, ou la miniature, de vraies automobiles anciennes. Elles sont d’avant-guerre, notion décisive qui leur donne davantage de valeur, puisque la guerre a rendu ces objets survivants rares.

voilà le moulage en place

Le buzz du jour est un Antiquaire, parisien donc célèbre (nous sommes dans le pléonasme). Il faisait réaliser de vrais-faux, inspirés des originaux d’autrefois, avec les mêmes pratiques de création. Déjà pas mal, tellement que les vrais acquéreurs les payaient des fortunes, croyant avoir à faire à des éditions princeps. Le marchant s’était fait faire des fers copiés des originaux, qui lui permettaient de reproduire les vraies signatures d’origine. Il a berné son monde pendant des années, malgré le génie de ses originaux, puisqu’il se payait le luxe de créer « à la manière de… », tout en inventant des formes nouvelles et des décors dans le style XVIIIè. J’avoue être fasciné par ce genre de personnage, dans la mesure où il possède un savoir-faire génial.



Je m’amuse beaucoup avec les chapiteaux, dans la mesure où dans notre cloitre reconstitué, cohabitent  des originaux et des moulages. Les originaux sont en marbre, que l’on distingue aux paillettes de mica incrustées dans la pierre. Ils ont été sculptés un par un par un compagnon. Un fortiche, lui aussi « capable de… », une vraie qualification professionnelle, et un vrai goût artistique. Comme le décor est unique, il s’agit bien d’originaux.

Si à partir d’un original je tire un moulage, et que je l’installe sur une colonne de marbre, reposant sur un piédestal de pierre. En incluant le tout dans la reconstitution d’un cloitre, je réalise une œuvre qui restitue à l’identique le décor. Et l’ambiance propre au recueillement des visiteurs. Si au même moment je retrouve l’original, que puis-je en faire puisque le moulage a pris sa place ?

pour vous montrer le plan du Cloitre de la Collégiale
sur ce qui était la Place Royale, devenue Jean-Jaurès

Je vais le mettre en valeur dans une belle salle de notre Musée, pour mettre en évidence sa rareté, à laquelle est attachée un prix : je vous ai raconté que le prix avait été négocié à 90.000 Euros, et qu’il aura nécessité la contribution des plus Hautes Autorités de la République pour réunir la somme, remise au fameux marchand belge, en échange du chapiteau original. Nous attendons l’inauguration du Musée, et j’espère une belle salle romane, avec le chapiteau sous vitrine ?


C’est là que je vous propose une suite tout aussi amusante.

Dans notre cloitre il y a donc des chapîteaux vrais. Et de simples moulages. Quand je dis qu’ils sont « simples », il aura fallu tout le doigté de vrais spécialistes pour savoir créer le moule. Glisser dedans une résine englobant des poussières de marbre ; le démouler après séchage, et le revêtir d’une patine telle qu’elle confonde les simples curieux. Reproduire un original n’est pas à la portée de tout un chacun, ce qui explique le prix des reproductions de qualité telles qu’elles sont vendues par le Louvre par exemple.

ça c'est le vrai.....

Un moulage d’un vrai peut donc contenter, durant des années, des amateurs éclairés : quand ils veulent méditer dans leur jardin devant les Pyrénées, ils s’assoient sur leur banc, et contemplent leurs antiques avec une âme apaisée, prenant du plaisir aux belles choses créées par Dieu et par les hommes. Quand ils veulent voir l’original, ils se déplacent au cloitre, visitent la Collégiale, et donnent à leur âme un supplément de plaisir…surtout qu’ils vont rentrer chez eux et recommencer leur manège. Il s’agit de Pierre et Hélène C. dont je vous ai parlé.

Je me promène comme je vous l’ai dit, le nez en l’air, le nez au vent. Comme les chercheurs d’épaves, sur mer et sur terre, j’ai flairé, écouté les histoires, observé les signes. Je ne marche donc pas tout à fait par hasard, et plus le temps passe, plus les âmes disparues me parlent. Guident mes pas. Me font rencontrer les témoins de l’Histoire. Ils me parlent et je les écoute avec attention.



Je tombe donc là-dessus : le décor est rupestre, des plantes sauvages du printemps : le dépôt est sur palettes depuis un certain temps. Les palettes sont le témoignage d’une manipulation humaine, à l’aide d’un élévateur. Les cassures de la pierre jaune de Furne sont typiques de notre siècle, où des conducteurs d’élévateur sans trop de délicatesse ont arraché sans trop de soins ces pierres, cassant le marbre reconnaissable à ses paillettes de mica.


Si de mémoire je reconstitue l’édifice, je trouve de bas en haut une assise de quatre bases de pierre. Elles supportaient quatre colonnes de marbre, supportant elles-même deux chapiteaux romans. Deux colonnes par chapiteau c’est le montage classique. Ces chapiteaux je les connais : les originaux sont dans le Cloitre sur place. Mélangés à leurs homologues, il faut un effort pour les regarder attentivement. Ici étant séparés, il est aisé de constater que ce sont des moulages, je dirais en plaisantant : « des moulages originaux », tout à fait authentiques.

Deux chapiteaux rectangulaires accolés reconstituaient une base carrée. Dessus il y avait quelque chose ? Attendez un moment...

l'exploration n'est pas terminée...!


Qu’ils soient vrais ou faux

leur histoire est fort amusante

J’ai hâte de les voir rétablis dans le lieu auquel ils sont destinés.

il existe un « Deus ex machina » derrière tout cela !


Je vous en parlerai une prochaine fois !


à quand l'épisode 9 ?



les épisodes précédents :

dimanche 18 septembre 2016

Patrimoine (1)

Je vous ai déjà parlé d'Augustus. Augustus Saint-Gaudens, le père de la pièce de 20$. En or, elle vaut une fortune ! Je l'adore : elle montre une superbe Liberty inspirée de la Grèce, tenant de la main droite un flambeau, comme celui que brandit la statue de la liberté de Bartoldi. Main gauche un rameau d'olivier. Elle est éclairée par les rayons du soleil levant en bas. Des feuilles de chêne car Liberty doit être forte on s'en doute. 46 petites étoiles (des stars) l'entourent. Signature : les initiales ASG.


Seulement 1000 pièces d'or furent frappées à l'origine, dans les années 20. D'où leur prix. Des millions de $ ! Nos amis italiens ont repris le style liberty, mot qui n'a rien d'italien justement, pour désigner leur Art nouveau, le même nommé modernista à Barcelone, qui part chez nous de l'école de Nancy.


Là où Augustus sublime nos valeurs, c'est que ses mots clés sont Liberty d'abord. Il en a sculpté d'autres magnifiques, dont la Liberty qui précède le Général Sherman. Quand il ajoute : amor, et caritas, en latin, dans son oeuvre donnée à la France, aujourd'hui exposée au musée d'Orsay, il reprend la devise Liberté, égalité, fraternité.

soirée du Patrimoine,
samedi 17 septembre 2016
Ce sont trois de nos Associations qui reprenaient le thème d'Augustus samedi soir sous la Halle aux Grains : les amis de Saint-Gaudens à Aspet. Aspet connue pour le col célèbre emprunté par le Tour de France. Célèbre car un cordonnier, nommé Saint-Gaudens, partit de ce coin pauvre où il n'avait pas d'avenir, pour émigrer d'abord en Irlande ; ensuite aux Etats Unis. 700.000 migrants européens à New York en 1900 : les Etats Unis aspiraient nos migrants pour créer le nouveau monde ! Il y créa une boutique de chaussures de luxe, ça ne s'appelait pas encore la french touch, mais il attira les riches américains en quête du luxe à la Française et réussit tellement, qu'il fit faire des études artistiques poussées à son fils Augustus, le poussant à s'installer à Paris et forcément Rome.


Seconde association au titre américain : Daurat to Vermont USA, fondée à l'intérieur du Collège Didier Daurat, et promouvant les échanges linguistiques avec les jeunes collégiens du Vermont. Tous les ans, les uns et les autres se rencontrent soit en Comminges, soit à Cornish, la fondation créée à l'époque par Augustus, dans son domaine nommé Aspet, dans un paysage de montagne ressemblant à nos Pyrénées. Question : comment maintenir cette amitié Franco américaine de près de cent ans, née de notre Histoire, et ravivée par l'appui de nos amis américains depuis les première et seconde guerres mondiales ?

Voici : Memorial checks

comment avec Jason Glasser le monument revit grâce aux checks des collégiens


allez sur youtube !


84 ans d'amitié franco-américaine :
12 septembre 1932 ; 17 septembre 2016

Chez nous et ailleurs, les séniors jouent un rôle majeur dans notre tissu social, et se sont ralliés à cette juste cause, afin d'ouvrir des pistes d'avenir à nos petits-enfants.

Nous sommes dans le domaine de l'Art. L'art peut transfigurer les sujets les plus ardus. Nous possédons chez nous le plus grand mur de marbre des Pyrénées. Nous venons de tenter, imitant la nuit des lumières de Lyon, un son et lumières sur notre grand décor, un écrin de marbre de Saint-Béat conçu par l'architecte Louis Longuefosse, qui encadrait la sculpture de Pierre Feitu : l'Amérique et la France couronnant Augustus Saint-Gaudens, fondue par Vichy en 1943.

Peut-on reconstituer une oeuvre contemporaine, qui honorerait le prénom Augustus, le nom Saint-Gaudens, et la devise liberty ; amor ; caritas ?

on va tout faire

pour que ce rêve aboutisse !



avec un bon projecteur, on restitue le monument de 1932
en vraie grandeur