dimanche 19 novembre 2017

Légumes d'automne

Toujours présente au marché du jeudi, ma copine de Montmaurin avec ses légumes oubliés...et pourtant bien là (les légumes)!

Vous savez comment composer un apéritif écolo ? Vous proposez des radis, mais des radis écolo oubliés : ils sont rouges ; ou noirs, même blancs. Vous les coupez en tranches fines, et les mangez tels-quels, avec du gros sel de mer (naturellement proposez du Guérande ce sera plus chic). Et avec les fanes, composez une soupe (pour le soir) à laquelle vous pourrez ajouter un oeuf-mollet glissé dedans.

C'est aussi la saison des citrouilles, et autres variantes des mêmes cucurbitadées. J'adore leurs formes lisses, les couleurs variées, et les noms, exotiques, comme celui de Marina di Chioggia qui me rappelle Venise et les crabes du printemps.

















et ça ne coûte rien !


on paie désormais en tousselles :


j'ai eu tout ça pour 

dix-huit tousselles !

cherchez vous-même le cours !

samedi 18 novembre 2017

On s'installe à Rennes ?

Je regarde chaque semaine les annonces immobilières du Figaro, rien d'accessible je parle de demeures d'exception, par exemple cette villa dans les Côtes d'Armor  face à Bréhat, mais il faut débourser 1 380 000€ ! 

Bréhat vu d'avion, il s'agit de la maison qui suit
La vue est exceptionnelle depuis cette maison des années 20 : aucun détail du flux maritime ne vous échappera, du petit port de pêche à l'archipel de Bréhat et jusqu'au Sillon de Talbert. La maison en granit se déploie sur 170m2 : grande pièce de réception aux allures XVIIIème avec cheminée, petit salon en bow-window à la vue grandiose, cuisine et arrière cuisine, deux chambres, deux salles d'eau. A l'étage, quatre chambres dont une en enfilade, une salle de bain, terrasse au Sud. Le jardin de plus de 4.000 m2 s'organise entre coin terrasse, cour, et jardin soigné aux multiples essences. L'endroit est magique, un refuge propice à l'inspiration. 
Ou encore proche de Biarritz une villa classée de l'architecte Alfred Laulhé construite en 1910, entourée de 7800 m2 de jardin, mais pour ....3.710.000€ !

attendez ! c'est l'architecte du Casino de Biarritz, et de plein de villas célèbres...!
...quand je trouve ce titre : "Elégante maison bourgeoise XIX° en Ille et Vilaine - 11 Pièces - au calme" (forcément elle doit être loin de tout) et surtout pour...201.000€..! ! J'écoute Stéphane Plazza, et me dis qu'avec un prix pareil, une offre à 190.000 doit pouvoir être acceptée ? ? 

...tentant non ?






Voici le texte intégral : "A vendre élégante maison bourgeoise du XIXème siècle au milieu d' un beau jardin arboré de 3500 m². Cette maison et son parc planté de très beaux arbres sont situés à la sortie d' une petite cité. Ils offrent une belle vue sur le bourg ou sur la campagne.

Cette demeure familiale possède 11 pièces dont un grand salon, une vaste véranda lumineuse et 5 à 6 chambres. (on n'en est pas à une près). Elle offre les volumes, la luminosité et les éléments de décor caractéristiques des villas fin XIXème-début XXème et de leur art de vivre.


A mi-chemin entre Vitré et Fougères et à 45 mn de Rennes centre, cette maison de caractère en bon état constituera une résidence principale idéale dans une belle campagne vallonnée. Elle peut également constituer une résidence secondaire bénéficiant de sites d' intérêt proches ainsi que des plages à 1 heure".



l'intérieur n'est pas terrible, les meubles sont vraisemblablement exclus, 
...mais pour le prix...!


Certes, on n'est pas les pieds dans l'eau, mais l'eau en question n'est pas si loin. On demeure en Ille et Vilaine, et on est "au calme".

Le calme bourgeois pour moins de 200.000€ ?

on quitte Paris ...

... et on se réfugie à la campagne !

enfin...ce n'est pas à Rennes, mais dans la région de Vitré

pour 200.000 (après négociation !)

vendredi 17 novembre 2017

Salvador Mundi

Le Christ de Léonardo fait grand bruit : normal, il est devenu le tableau le plus cher du monde, et parti de pas grand chose, est arrivé au sommet... financier : la barre dépassée de 400 millions de dollars, sans les frais. Ces derniers sont de 50 millions, c'est dire si de telles ventes font des heureux, Christie's pour ne pas la nommer, 50 millions de marge, pas mal si l'on considère que pour une fois les taxes paraissent être payées par un acheteur qui pourtant doit bien fréquenter les paradis fiscaux !

Est-ce un beau tableau ? Je ne crois pas que ce soit le critère ! Le critère, c'est qu'il est unique, a une histoire qui lui donne une "traçabilité". Que son acheteur est riche certes, de la richesse des grands de ce monde pour qui 450 millions de dollars ne représentent jamais que deux fois le prix d'un (grand) joueur de foot.


Comment faire, nous, qui ne manions pas de sommes pareilles, pour compenser ? 

Bien regarder la photo, et se faire sa propre idée.

Je trouve le tableau très intrigant : est-ce un homme, ou une femme, le visage est bien curieux, les yeux pas bien nets ! (un journaliste a dit : "drogués" (enfin !)

Le Salvator Mundi est un thème popularisé par des peintres d'Europe du nord tels que Jan van Eyck, Hans Memling, et Albrecht Dürer : il s'agit d'une représentation du Christ portant un orbe dans sa main gauche tout en utilisant sa main droite pour bénir. La peinture (un tableau de 45,4 × 65,6 cm peint entre 1506 et 1513 sur un panneau en noyer) reprend ce thème avec le Christ donnant une bénédiction et tenant une boule de cristal dans la main gauche. Les vêtements sont bleuâtres avec des garnitures en brocart d'or, montrent le Sauveur avec de longs cheveux blonds bouclés. Il porte les attributs caractéristiques des empereurs, avec deux bandes croisées sur sa poitrine.

certes la boule de cristal (de roche ?) est finement peinte, mais le Sauveur du monde tenant cet objet
plutôt qu'un globe terrestre, me laisse songeur (je dis ça, je dis rien naturellement)


Je cite : -"Le tableau aurait été réalisé par Léonard de Vinci pour Louis XII entre 1506 et 1513. (pourquoi ce conditionnel ?). On en possède une description par Giorgio Vasari et plusieurs esquisses préparatoires. Le travail récemment authentifié a autrefois appartenu à Charles Ier d'Angleterre et est enregistré dans sa collection d'art en 1649 avant d'être vendu aux enchères par le fils du duc de Buckingham, puis sa trace se perd.

"Il ré-apparaît en 1900, quand il est acheté par un collectionneur britannique, Francis Cook, vicomte de Monserrate. Son attribution porte à débats, on pense alors à Giovanni Antonio Boltraffio. Les descendants de Cook l'ont vendu aux enchères en 1958 pour 45 £. En 1999, il est attribué aux Leonardeschi et atteint 332 500 $ chez Sotheby's. En 2005, le tableau est acquis par un consortium de marchands d'art dont Robert Simon, spécialiste des maîtres anciens. Il a été gravement endommagé par des tentatives de restauration précédentes, a été  repeint et reverni, de sorte qu'il ressemble à une copie. Une barbe et des moustaches ont été ajoutées, probablement après la Contre-Réforme, pour adapter l'image du Christ à la physionomie officielle. Il est alors décrit comme « une épave, sombre et lugubre ».
ce seraient les travaux préparatoires des drapés

Il subit un long travail de restauration. Les ajouts manifestes comme la barbe et les moustaches, qui étaient absents de la peinture sous-jacente, sont retirés. Puis il est finalement authentifié comme un tableau de Léonard, et exposé à la National Gallery de Londres pour l'exposition Leonardo da Vinci, peintre à la Cour de Milan du 9 novembre 2011 au 5 février 2012. En 2013, le tableau est vendu au collectionneur russe Dimitri Rybolovlev pour 127,5 millions $, par l'intermédiaire du distributeur suisse Yves Bouvier. Un contentieux serait ouvert entre Dimitri et Yves qui aurait pris une trop grosse commission ! Humour !

Le 15 novembre 2017, Salvator Mundi — seul tableau du Maître à se retrouver encore entre des mains privées — passe à nouveau sous le marteau des commissaires priseurs de Christie's New York. Adjugé pour une somme finale de 450,3 millions de dollars, il est officiellement reconnu comme l'œuvre la plus chère jamais vendue aux enchères. Ceci dépasse de loin le précédent record, Les Femmes d'Alger de Pablo Picasso, vendu 179,4 millions de dollars en 2015, comme je vous l'ai raconté alors : http://babone5go2.blogspot.fr/2015/05/femmes-dalger.html. Même dans le cas où les rumeurs selon lesquelles un tableau de Paul Gauguin et un tableau de Willem de Kooning auraient chacun été vendus pour 300 millions de dollars lors d'une vente privée aux États-Unis en 2015, Salvator Mundi reste tout de même le tableau le plus cher de l'Histoire". 

Je ne le souhaite pas, mais s'il s'avérait faux ?

 car entre le vrai et le faux, dans l'art

il n'y a que l'expertise .....

...des experts) !



jeudi 16 novembre 2017

Prenez garde à la peinture ?


Quand je vous en ai parlé hier, beaucoup ne se souvenaient plus de quoi il s’agissait :

D’un film de 1932 d’abord, on comprend que vous ayez oublié ! De Henri Chomette, avec Jean Aquistapace, Milly Mathis, Charlotte Clasis : Au temps où il était encore un peintre inconnu, Mavrier avait donné quelques-unes de ses toiles en remerciement au docteur Gadarin qui ne s'en est jamais soucié et le déplore maintenant amèrement car les marchands de tableaux défilent chez lui. Heureusement la bonne les avait amoureusement gardés…

Ça vous dit quelque chose ? le docteur Gadarin…ne serait-ce pas le même que celui d’une pièce de théâtre… ?


Car il existe en effet une comédie en trois actes de René Fauchois créée à Paris en 1932 au théâtre des Mathurins et mise en scène pour la télévision par François Gir. L'action se déroule aux approches de l'été, à Liserac, non loin d'Avignon, dans la salle à manger du docteur Gadarin, (nous y re-voilà), entre 9 heures du matin et 3 heures de l'après-midi, Il s'agit de la satire du monde impitoyable des marchands de tableaux et de l'avarice bourgeoise. Dans le temps, en échange de quelques malheureuses toiles, le docteur Gadarin a soigné un pauvre jeune homme échoué dans le pays à la suite d'on ne sait quelles aventures bizarres….


Bien entendu, il s’agit du docteur Gachet… !


















On se souvient de cette histoire telle qu'on les aime au pays d’Arles : un jeune homme se rend dans le grenier des grand-parents, dont le vasistas a été bouché par un morceau de carton. Il fait sombre, et pour donner de la lumière, il ôte le carton coincé dans l’entourage de bois. Il y voit clair maintenant, et le carton s’éclaire d’un superbe dessin typique de moissons à la faucille en Provence. 


le carton est un dessin de…

...Vincent Van Gogh !



 
Prenez garde à la peinture !
Si vous passez au large
si vous ne prenez pas le risque
de tacher vos vêtements impeccables
nous ne peignons pas pour vous
nous ne jouons pas pour vous
nous n'écrivons nous ne filmons
nous ne dansons pas pour vous

au contraire
si le travail des plasticiens
des acteurs des auteurs etc
vous touche / vous tache
prenez garde aux artistes
gardez-les / regardez-les
écoutez-les
achetez des livres
des gravures et des places de concert

prenez soins des artistes
protégez les artistes
ici et ailleurs
accordez aux artistes la liberté
afin qu'ils contribuent à sauvegarder la vôtre
la fonction de l'artiste est fort claire ;
il doit ouvrir un atelier
et y prendre en réparation le monde
par fragments, comme il lui vient



et vous même
comme le conseillait Charlotte Delbo, rescapée d'Auschwitz
faites quelque chose
apprenez un pas, une danse
quelque chose qui vous justifie
apprenez à marcher et à rire

parce que ce serait trop bête à la fin
que tant soient morts
et que vous viviez
sans rien faire de votre vie !

jacques trouvé


mercredi 15 novembre 2017

Prenez garde à la peinture…avec Andromède !

Nous revenons de la Ville rose : nos amis nous ont reçu en plein triangle d’or, dans ces rues adorables flanquées de bornes davantage conçues pour les chars romains que ma voiture moderne, inquiète de frôler de part et d’autre ces rugosités. Et quand il faut tourner à 90° au travers d’une porte cochère étroite, flanquée elle aussi de deux bornes, pour tenter de s'instiller entre elles aux fins de se garer sur les pavés de la cour intérieure bondée des véhicules des résidents, je renonce pour le confort du parking Esquirol, confort relatif si l’on songe qu’il faut là aussi tourner en tire-bouchon dans l’accès  circulaire aux étages souterrains, puisque les étages les plus accessibles sont remplis des véhicules des Toulousains du quartier (qui sortent le moins possible pour prendre le métro).






L’appartement se trouve au dernier étage sans ascenseur, d’un immeuble XVIIIè comme ils le sont tous dans le coin. Charme fou, tomettes (parfois) décollées par terre et qui font cloc' sous les pieds, vue sublime sur la cour, les voisins (avocats), les vitraux, le ciel bleu de ce matin froid d’automne, froid et ensoleillé.

Une particularité, est le couloir qu’on dirait d’un sous-marin : étroit car orné de bibliothèques du sol au plafond, tellement qu’on ne saurait se croiser qu’en se plaquant le dos au mur d’en face, pour se voir dans les yeux en restant de profil, afin d'offrir la surface minimale (le côté) à celui qui, on ignore pourquoi, veut aller dans le sens contraire du vôtre. Il faut dire que les waters sont à un bout, le salon de l’autre, et que ces croisements se révèlent indispensables quand il s’agit de méditer au petit coin.































on comprend qu'Ingres à l'époque ait eu un faible pour cette rayonnante personne
Pour ce faire, la maitresse de maison a donc prévu des livres, qui rendent la méditation instructive, mais ne facilite pas le transit des uns et des autres devant faire la queue et se croiser -de profil- dans l'étroitesse des lieux.

Il y a des livres partout, et aussi des tableaux représentant les ancêtres lors de ces temps révolus où n’existait ni la photographie, ni les portables qui  remplissent le même usage. Je cherche les airs de famille, ils sont réels et réellement émouvants, quand je tombe ... sur Andromède !


Vous vous souvenez de ces histoires vécues quand les demeures anciennes ont abrité un artiste, qui a payé son écot à la maitresse de maison en la déshabillant pour la faire poser comme modèle, avant de lui offrir le tableau fini comme compensation de ses multiples bienfaits ?

Ingres est donc passé par là, sans doute a-t-il emprunté le fameux couloir, (et croisé en la serrant la maitresse de maison) quand je tombe donc sur Andromède, la facture d’Ingres est typique, même si (pas de chance) la signature du maitre est absente. Les personnages sont transposés, puisque Persée devient Roger, et Angélique remplace Andromède : je cite une fois encore wiki :

« Roger délivrant Angélique, tableau peint par Jean-Auguste-Dominique Ingres en 1819, inspiré d'un chant du Roland furieux de l'Arioste. Lors de son exposition au Salon de 1819 avec la Grande Odalisque, l'œuvre du Louvre suscita des critiques concernant le traitement de la figure nue d'Angélique surnommée par l'historien d'art Théophile Silvestre d'« Angélique au goitre » et par le peintre Henry de Waroquier d'« Angélique aux trois seins ». Le tableau acquis par Louis XVIII fut la première toile du peintre à entrer dans une collection publique au château de Versailles ».



Notre Ingres s’est donc exercé à produire quelques autres exemplaires de la scène,  je viens de tomber sur l’une d’elles, la même je vous le fais observer que celle du Louvres, vous comprenez mon émotion. Vous me pardonnerez les reflets, je n’ai pas décroché Angélique, de peur que mes amis prennent conscience de la fortune qu’ils ont au mur, et n’aient la tentation (à laquelle je succomberais pour ma part), de l’échanger contre une aménité quelconque que nous propose notre société de consommation, par exemple un bel appartement-les-pieds-dans-l’eau comme vous savez que je les chéris.

Il y a des soirées mémorables à Toulouse

et il existe (encore) accrochées aux murs...

...des merveilles cachées !