samedi 27 août 2016

Burkini, fini ? (4)

entre cœur et raison...

           ...la raison a tranché !

Je vous ai parlé du cœur : avec notre fichue Culture « classique », où même l’art religieux montre Eve nue, je pensais que notre Liberté était de laisser Hommes et Femmes libres de se vêtir comme ils le voulaient. La mode, Coco Chanel, avaient peu à peu ôté les corsets, et rendu possible, même courant, le fait de se baigner le corps couvert du strict minimum, voire nu. Je pensais cette conquête devenue universelle, tellement commode que tout un chacun l’adopterait, délivré des consignes de toutes sortes comme l’acquis d’une Civilisation s’imposant à tous, parce que « naturelle », la laïcité libérant chacun de la soumission à une religion.

Je reconnais mes torts : des femmes jusque-là enfermées, interdites de bain, peuvent se baigner grâce au port du burkini. Elles y trouvent une solution à leur pudeur ; aux consignes de leur religion ; voire celles de leur conjoint jaloux. Dans ce cas, la mode joue son rôle, la mode du burkini, il parait que les ventes ont doublé depuis que ce nouveau droit est contesté : à force de légiférer, on obtient le résultat contraire. Notre Laurent Joffrin national affiche dans Libération : -« Arrêtez » !


Lors de l’émission C dans l’air de vendredi 26 juin, Nahida Nakad, auteur de « Derrière le voile », tente de répondre à des questions simples : le voile est-il obligatoire ? Est-il un symbole de soumission ? Que dire, dans ce cas, du féminisme musulman ? Que signifie la laïcité dans les pays musulmans ? Quelle image de l'islam véhicule-t-on en Occident ?...Quelles pistes pour un nouveau dialogue."

brune aussi
oui, hier elle était blonde
















Le médiatique Mathieu Guidère (« Le retour du califat ») nous explique que nombreux sont les Pays théocratiques interdisant le port du burkini justement parce qu’il représente la possibilité pour leurs femmes de contourner la Loi islamique : interdit de se baigner en public ! Et qu’en faisant la même chose, la France est en train d’imposer la même interdiction, avouons que le paradoxe est total !

la France de : "il est interdit d'interdire" !














La raison a tranché avec le Conseil d’Etat : car au pays des libertés (et des droits de l’Homme) comment interdire à tout un chacun de suivre la mode, et de se vêtir comme il veut ?





Le Conseil d’Etat nous remet sur les rails

La mode s’impose à nous, comme la liberté des femmes...

...de la suivre comme elles l’entendent

Il faut nous y prendre autrement :

Tâchons d’être


Intelligents 

vendredi 26 août 2016

Paléolithique pyrénéen en 3D

Je découvre Passé simple, et depuis le temps que je cherche à faire reconstituer Bonnefont en 3D, trouve l’organisme capable de le faire ! C’est merveilleux ce que l’on trouve sur internet quand la canicule vous force à rester à l’ombre !

Dans le cas d’espèce, ce n’est plus le monde préhistorique ou romain qui est reconstitué (ah Neptune à Nimes que je vous montrerai peut-être, sauf si vous le trouvez seul), mais un paysage Pyrénéen enneigé. Nous sommes en 2006 (pour la reconstitution) en réalité au paléolithique supérieur. Plus simple : -15000 ans. La Production : Passé Simple ; Coproduction : France 3 Sud, Région Midi-Pyrénées, Parc de la préhistoire de Tarascon-sur-Ariège, CNRS Images.

là nous sommes dans l'Aurignacien d'aujourd'hui :
la maison au loin est contemporaine
les vaches ? des blondes !

Techniques utilisées : - images de synthèse 3D animées ;  compositing.

 Infographistes : Olivier Moreau (3D), Gilles Tosello

Je salue les auteurs : Conseil scientifique :

Carole Fritz, chargé de recherche au CNRS (UMR 5608 TRACES / Toulouse Le Mirail) et responsable du CREAP - Gilles Tosello, chercheur associé au CNRS (UMR 5608 TRACES / Toulouse Le Mirail), membre du CREAP et plasticien. C’est lui qui a réalisé les fac similés des grandes compositions de la Caverne du Pont d'arc (grotte Chauvet-Pont d'Arc), et de Marsoulas.

Ils nous font remonter le temps !

même scène vu d'avion
nous sommes en plein magdalénien
il fait FROID !
vous voyez les lacs pyrénéens ?


avant les vaches :


des bisons !



...les mêmes qu'à Marsoulas !

chaud devant !

la caverne de Platon...

...bien avant Platon !

Marsoulas l'autoportrait

Pourquoi je m'engage dans la préhistoire à ce point ? Il me revient d'autres archives, soigneusement cachées dans mon disque dur, où un Néanderthalien (il ne me lâche pas) s'est représenté dans un auto-portrait, digne de Van Gogh (toutes proportions gardées).

La scène se passe à Marsoulas, un petit village martyrisé par la Division Das Reich, et célèbre chez nous comme un petit Lascaux.

La grotte est verrouillée, après les déprédations subies pendant des années d'ouverture au public. Les visiteurs modernes s'amusant à gratter des signes de leur passage, abîmant les traces laissées par leurs ancêtres, beaucoup plus subtils qu'eux-mêmes.

L'informatique permettant des merveilles, merveille de Photoshop qui peut corriger les défauts, il a suffi que des Chercheurs (je mets un C majuscule) effacent un à un les graffitis pour que les dessins anciens retrouvent leurs couleurs.

C'est somptueux :

Marsoulas serait le seul site à présenter un bison coloré de ponctuations ocre-rouge !

la porte verrouillée
bientôt ouverte !

chapeau Gilles Tosello





Le Grand Panneau de la grotte de Marsoulas (Haute Garonne) est aujourd'hui quasi illisible, (ce qui explique qu'il ne soit pas utile d'ouvrir la porte verrouillée) ! Il y a 15 000 ans, il contenait de superbes peintures polychromes et des dizaines d'animaux gravés. De 2008 à 2009, le fac-similé de cette paroi ornée a été répliquée. Dans l'atelier d'Alain Dalis à Montignac (Dordogne), Gilles Tosello ne s'est pas contenté de reproduire les images dans leur état actuel. Il a procédé à une véritable restauration redonnant tout son éclat à cette décoration emblématique de l'art magdalénien. Avec sa compagne Carole Fritz, chercheur au CNRS, il a étudié en détail et relevé cette composition dans la vraie grotte.


 Gilles Tosello, chercheur associé au CNRS (UMR 5608 TRACES / Toulouse Le Mirail), membre du CREAP et de l'équipe scientifique de la grotte Chauvet,  plasticien.





le bison rouge


on peut voir tout cela dans la reconstitution

(non ce n'est pas à Marsoulas)

mais à Tarascon sur Ariège !

et voici l'ancêtre de Gilles Tosello :

sympa, non ?


je vous fais découvrir passé simple : fabuleux !

jeudi 25 août 2016

Néanderthal

J’ai une théorie personnelle, (entièrement intuitive mais faite d’observations), suivant laquelle Néanderthal n’est pas totalement disparu, mais existe encore, même partiellement, car hybridé avec sapiens. Je recherche donc tous arguments scientifiques me permettant de poursuivre cette réflexion. La fin de ce mois d’août ; le lancement des candidatures aux primaires ; les arguments selon lesquels le port du burkini serait un signe de liberté concédée aux femmes ; la baisse de la hausse du chômage, la retenue à la source réglant le déficit de la France et soutenue par 65% des personnes sondées ; la crise du lait, ou plutôt des éleveurs laitiers, et tout ce qui va faire les arguments de la rentrée, me poussent à réfléchir, à approfondir cette intuition : Néanderthal vit parmi nous.

Il se trouve que je cherche activement ce que fut notre passé (mais le vrai passé) et que je tombe sur les pages facebook de Nathalie Grenet muséographe, issue de l’école scientifique toulousaine  que j’évoquais avec Lartet et sa théorie sur les origines de l’homme.


Comme elle a mis en scène Lascaux et autres sujets illustres, elle sait de quoi elle parle : c’est ainsi que dans la grotte de Bruniquel qui n’est pas si loin d’ici, des constructions humaines à partir de fragments de stalactites posés en rond, laissent à penser que nos ancêtres étaient plus malins que nous le pensions jusqu’alors : ils s'orientaient dans le noir, construisaient des édifices, et vivaient en société, en symbiose avec les ressources naturelles. Ils enterraient leurs morts et avaient vraisemblablement des émotions et, pourquoi pas, une conscience.




Dans ces conditions, les dessinateurs s’en donnent à cœur joie pour reconstituer la vie d’il y a, non pas 15.000 ans, mais 176.000 ans !


Emmanuel Roudier est auteur de bandes dessinées « préhistoriques » à succès : le roman graphique Vo’hounâ, et sa belle héroïne néandertalienne, aux éditions Errance, la série Neandertal, aux éditions Delcourt (3 tomes) ainsi que l’adaptation en BD du grand roman La Guerre du feu de J.-H. Rosny aîné, également aux éditions Delcourt (3 tomes). Il a aussi illustré les livres jeunesse Ao le petit Néandertal (texte de Claire Troilo, éditions Milan) et Nour et le peuple des loups (texte de Michel Piquemal, éditions Rue du Monde). Ses planches de bandes dessinées ou ses illustrations originales ont fait l’objet de plusieurs expositions dans les plus prestigieux musées de Préhistoire.





En voilà quelques unes. Regardez bien ces visages. Les attitudes. Les mecs revenant de la chasse. Les habitats sous l’abri de roche. Les paysages sont d’ici. Les abris de roche aussi. Je reconnais des visages…

Les vacances ne sont pas terminées :


Je file à Gargas !

mercredi 24 août 2016

Dryopithèque

de Lartet, prénom : Édouard

le premier hominidé à Saint-Gaudens

Pendant de longues années, je croyais que les Aurignaciens constituaient l’essentiel de nos ancêtres d’ici, et que Lartet en les découvrant, avait brisé ce tabou : Adam n’avait pas été créé parfait homo sapiens. Mais il avait été précédé dans la Création par des singes descendant de leur arbre, passant de la quadrupédie à la bipédie, jusqu’à l’état actuel de sapiens augmenté (par une tablette, mieux un e-pad).

J’avais relié Lartet au Gers, et à ses découvertes du miocène, ce qui nous ramène bien loin en arrière. J’avais relié ceci aux molaires mastodontèsques de nos ancêtres du mammouth, tout fier d’avoir observé la dent d’Odile.(1)

Toujours wiki : « Lartet, Édouard (1801-1871), avocat, paléontologue et préhistorien français, passionné par l'étude des ossements fossiles, considéré comme le fondateur de la paléontologie humaine. Né à Saint-Guiraud, dans le Gers, il découvre, à Sansan (Gers), des restes de singes fossiles qu'il nomme Pliopithèque et Dryopithèque :"Singe des chênes" !

Nous y voilà. Après avoir fouillé la grotte d'Aurignac, en Haute-Garonne, tout près d’ici, il adresse en 1860 à l'Académie des sciences une note « sur l'ancienneté géologique de l'espèce humaine en Europe occidentale », théorie révolutionnaire à l'époque. À partir de 1863, il fouille plusieurs gisements préhistoriques de la vallée de la Vézère, comme la Madeleine et le Moustier, en collaboration avec son ami le banquier anglais H. Christy. L'importance de ses recherches lui valent une nomination à la chaire de paléontologie du Muséum en 1869 mais il meurt avant d'avoir prononcé sa leçon inaugurale. Lartet est l'auteur d'un livre posthume co-signé avec Christy : Reliquiae Aquitanicae (1865-1875). On lui doit l'élaboration d'une des premières classifications du paléolithique »....

sur sa lancée, le docteur Fontan fouille ici...

...et découvre la mandibule...de dryopithecus fontani !



La vie est drôle : c’est la vie. Je me retrouve à Toulouse, nous avons rendez-vous avec un paléontologue célèbre : Francis Duranthon, le Directeur de l’un des plus grands Musées d'Europe ! Sa caution scientifique nous est précieuse, nous lui présentons notre projet. Je vous en reparlerai le moment venu.  Il approuve, et en rajoute une couche :-« savez-vous que Saint-Gaudens est célèbre dans le monde entier…(des paléontologues précise-t-il) : Fontan avait découvert un Dryopithèque…chez vous » !

Flute alors, on avait oublié ! Pire : à deux kilomètres, commune de Valentine, on a conservé la mémoire de Foch. De la villa romaine. Aux oubliettes un espèce de cheval-girafe : le Chalicothère de Valentine.

Notre passé n'est pas mal du tout
nous avons de grands hommes
des illustres
Nous ne descendons pas de Néanderthal
nous descendons d’un arbre
nous marchions à quatre pattes
c’était (quand-même) il y a sept millions d’années !

le premier...des gens de Saint-Gaudens

même les Chevaliers du Fiel ignorent !
petit le mec : 60cm et 35 Kg


 (1) il faut relire la dent d'Odile en 4 épisodes, du début...
...à la fin :

mardi 23 août 2016

Pinup beach (3)

Pourquoi le burkini suscite-t-il  l’émotion sur les plages ? Il fallait bien se poser la question, et tenter d’y répondre ! Je tombe sur cette réflexion de Christine Mirgalet : « Comment le goût esthétique vient aux enfants » ?

Car les enfants étant destinés à devenir adultes, il est amusant, en effet, de se souvenir de la manière dont s'est formé leur goût, pour qu’ils se fassent leur jugement, sur ce qui est bien ou mal. Beau ou laid. Convenable ou non. Avec leurs copines ados. Avec plus tard leur femme.

Non ?

« Comment se construit la sensibilité artistique des enfants ? L'évolution psychologique se conjugue avec l'influence du milieu familial, dans un contexte culturel donné. L'école prend une large part dans cette éducation du goût. Qu'en est-il de la question de la transmission d'un héritage culturel, quel en est le bien-fondé ? Comment et selon quels critères définir cet héritage ? Quelle attitude peut-on avoir envers des enfants étrangers à cette culture (issus de l'immigration, ou de classes sociales très modestes) ? Quel projet culturel national peut se donner l'école » ?

Voilà les questions que pose Christine Mirgalet

Je ne vais pas vous raconter le bouquin. Il aborde l’approche psychologique ; l’approche sociologique : le contexte familial, et l’école. L’héritage culturel : le nôtre est ce qu’il est :

« Ce qui relève de l'histoire correspond en gros à la connaissance d'un certain nombre de références culturelles communes : j'appartiens à une société de tradition catholique, je suis donc entouré de tous les témoignages de cette culture religieuse (le calendrier, les églises, chapelles, cathédrales, oratoires et tous ces objets architecturaux témoignant d'un récent passé chrétien, les œuvres contenues dans les musées, la musique, la littérature, etc). Les enfants reçoivent une éducation scolaire qui tient compte de tout ce passé fondateur. Ainsi, on enseigne l'évolution de l'architecture religieuse depuis le Moyen-Age jusqu'à nos jours, même si l'école est laïque. On enseigne également ce qui provient de notre passé gréco-latin, les vestiges de cette époque et le renouveau d'intérêt à la Renaissance. L'enfant est donc nourri de cet apprentissage d'un patrimoine commun, dont il est à proprement parler l'héritier, même lorsqu'il ne s'y reconnaît pas vraiment, avec la disparition quasi-totale de l'éducation religieuse dans les familles. Ce faisant lui sont fournis toutes sortes de repères pour son jugement esthétique : il découvre la notion de « chef-d'œuvre », apprend qu'il a existé des « génies » artistiques, et c'est donc à l'école que se fabriqueront quelques-uns des piliers de notre patrimoine artistique : la Joconde, archétype du chef-d'œuvre pictural, Van Gogh, le génie ignoré de son vivant et consacré à titre posthume, Picasso, fondant le cubisme. Versailles ou Notre-Dame de Paris comme perfections architecturales. Le jugement esthétique de l'enfant va se trouver fortement guidé par l'apprentissage scolaire. Il apprend ce qu'il convient de trouver beau dans l'art.

























« A côté de ce qu'apporte l'école, il faut prendre en compte le groupe social auquel appartient l'enfant. Ceci est du ressort de l'enquête sociologique (le travail de Pierre Bourdieu dans les années 70, est encore d'actualité). En effet, ce qui est enseigné s'articule de diverses manières avec ce qui lui est apporté dans l’environnement familial. Il va de soi que si la famille se désintéresse totalement des questions d'ordre culturel, l'enfant a bien peu de chances d'être capable de réinvestir à son propre compte les informations apportées par l'école. Il apprendra peut-être par cœur que « la Joconde est un chef-d'œuvre et Vinci un génie », sans plus d'intérêt que pour une formule grammaticale. En revanche il pourra alimenter tout un champ de réflexion, toute une approche d'ordre esthétique pour peu que le milieu familial l'y ait déjà préparé.

« Et puis il y a l’héritage culturel : l'on peut considérer que la transmission de l'héritage culturel répond à un idéal républicain qui se fit jour dès les débuts de la Révolution de 1789. A cette époque, il s'agissait de « rendre au Peuple » ce qui lui revenait de droit, les biens culturels de la noblesse et de l'église, afin de permettre l'éducation du goût, la délectation esthétique et la formation des peintres. Ceci se traduisit par l'édification, pendant tout le XVIIIe siècle, de nombreux musées à Paris et en province. La pensée jacobine, nourrie des idées des encyclopédistes, conduisit à concevoir que tous les musées se devaient de présenter une sorte d'échantillonnage des diverses époques et écoles. Il s'agissait en effet de rendre au peuple son bien (indûment acquis par la noblesse et le clergé grâce au labeur des plus pauvres) sur tout le territoire national, et de permettre aux futurs écoliers et aux futurs artistes de se former au contact des chefs-d’œuvres.





« Cette conception est encore très présente dans les esprits de cette fin de XXe siècle, à la fois dans le milieu scolaire et dans le milieu muséal. L'accès aux œuvres est considéré comme relevant du service public, supposé s'adresser à tous dans un esprit égalitaire et démocratique. Depuis une vingtaine d'années, de plus en plus de musées se dotent de services pédagogiques. De leur côté les enseignants du primaire et du secondaire utilisent volontiers ces structures, ce d'autant qu'ils y sont encouragés de manière explicite par les programmes et instructions officielles, et par de nombreux discours des ministres de l'Education Nationale aussi bien que de la Culture. Tout porte à croire que les musées trouvent, dans une large ouverture au public scolaire, une légitimation (concernant leurs budgets de fonctionnement, entre autres) et une réponse d'ordre démocratique à l'accusation d'élitisme qui leur fut longtemps faite, cependant que l'école prouve de son côté son souci d'ouverture au monde (réponse à l'accusation d'être un milieu clos). La transmission du patrimoine artistique et l'éducation du goût sont donc partie intégrante du projet éducatif national.



















« Reste que le consensus qui prévalait il y a peu sur la définition de notre patrimoine artistique a été fortement malmené par la succession des avant-gardes, puis par la naissance de la pensée postmoderne dans les années quatre-vingt. Les critères et les hiérarchies ayant été bousculés, la juxtaposition des genres dans la présentation de l'art contemporain, qui procède de plus en plus de l'échantillonnage indifférent et de moins en moins de la confrontation, conduit à un réel désarroi. Comment définir ce qu'il est bon d'appréhender au titre de l'art ? Convient-il, et comment, de mettre les scolaires en relation avec l'art actuel, faut-il reconduire les catégories anciennes , ou accepter le risque de la dispersion et de l'éclatement du sens ? L'Inspection Générale en Arts Plastiques encourage depuis dix ans l'ouverture à l'art contemporain. Il n'en demeure pas moins que la plupart des enseignants continuent à véhiculer l'art selon les anciens critères, à la fois parce qu'ils leur semblent encore valides, mais aussi à cause du sentiment d'incertitude dont on sait qu'il provoque généralement un repli conservateur. Divers niveaux de l'enseignement ont la charge de susciter la rencontre des élèves avec l'art et la culture. Toutes les classes sont concernées, de la maternelle jusqu'au lycée, mais également de nombreuses disciplines : si l'instituteur est par définition pluridisciplinaire, au collège ce sont les professeurs d'Arts Plastiques, d'Histoire, de Français, voire de langues étrangères qui aborderont la question, chacun avec son angle de vue. Au lycée on retrouve les mêmes, auxquels vient s'ajouter l'enseignement de la Philosophie dont une partie du programme est consacrée à l'Esthétique….

Vous devinez qu’après ce long préambule, puisse se poser la question initiale de
l’interculturalité.

« Si, au début de ce siècle, on punissait les élèves lorsqu'ils parlaient patois, car il fallait qu'ils soient français avant d'être limousins ou bretons, on rencontre aujourd'hui la même question s'agissant des enfants de parents non français. Deux courants de pensée contradictoires s'affrontent. Les uns considèrent que des enfants de culture familiale non française doivent recevoir une information sur leur culture, voire un enseignement de leur langue d'origine, faute de quoi ils ne parviennent pas à créer de racines, se sentant « de nulle part ». L'autre tendance estime que les enfants appartiennent d'abord à l'endroit où ils grandissent. Par exemple, un enfant d'origine marocaine a plus de points communs avec ses camarades français qu'avec un autre enfant de même origine élevé, lui, en Allemagne. Il convient à ce titre de lui donner toutes les chances de s'intégrer dans une perspective française, plutôt que de l'isoler dans une particularité culturelle. Après le « droit à la différence » c'est le « droit à l'indifférence ».

« La réponse pourrait être dans la prise en compte du concept d'interculturalité. Pas plus que de « races pures » il n'existe, au regard de l'histoire, de « cultures pures ». Toutes les formes d'expression artistique témoignent d'échanges, d'influences, de porosités entre les cultures (l'influence de l'Islam sur l'art médiéval, le Japonisme de Van Gogh, Picasso et l'art nègre). C'est même pour une large part le ferment de leur évolution. Si l'école prenait en charge de porter un regard sur d'autres cultures que la nôtre, et d'étudier les cas d'influences réciproques, peut-être pourrait-elle jouer son rôle fédérateur autour d'une identité commune, la culture transmise comme un patrimoine, tout en proposant un point de vue qui en relativiserait le côté monolithique et ethnocentriste. L'on peut considérer d'ailleurs que bien des enfants français sont étrangers à leur propre culture « haute ». La leur, celle dont ils se revendiquent, qualifiée de culture populaire, de masse, n'est même pas évoquée à l'école. Elle croise pourtant fréquemment l'art contemporain (Pop Art, Graffitis et Tags d'artistes). On s'orienterait peut-être vers une éducation à la tolérance dans le domaine de l'esthétique, rompant ainsi avec le « bon goût » convenu, la rigidité, l'académisme.

La conclusion de Christine ?

« S'il existe une éducation au jugement esthétique, elle passe par plusieurs chemins, la famille, l'école, mais ne s'y réduit nullement. La connaissance n'est rien sans la sensibilité, l'essentiel est peut-être ailleurs, dans un libre choix de l'individu. Car, en définitive, la relation avec l'art ne se décrète pas de l'extérieur. Elle ne peut être que le fruit d'une démarche solitaire, procédant de la passion au moins autant que de la raison ».




















J’ai égrené au cours de cette réflexion les images la plupart du temps américaines, de la femme à la plage, en tenue des années 50. Pinup beach. Elles nous servent encore d’archétype, de la femme occidentale à laquelle la culture, les journaux, les dessinateurs, nous ont accoutumés : libre ; égale de l’homme ; indépendante, jeune fille universitaire, conduisant son automobile. Elégante à la ville, élégante à la plage.


 Je ne vois nulle provocation dans son attitude, la plupart du temps, elle porte un maillot une pièce. Pour se protéger du soleil, elle porte un chapeau. Elle porte des couleurs assorties, vives. Quand elle ôte le haut, on devine le clin d’œil un peu coquin de l'artiste, mais rien destiné à choquer. 

Elle, c’est Eve la femme, et Psyché l'âme rendue immortelle par Cupidon, à la fois. C’est LA femme à la plage, comme on la représente ailleurs à la campagne, à la ville, en soirée. L’artiste toujours la met à son avantage, la magnifie.


Notre œil a été habitué à la voir belle ainsi.

Voilà pourquoi le burkini nous interpelle :

il ne met pas la femme en valeur

il l'enferme !